Le temple d'Edfou : comment visiter le temple d'Horus le mieux conservé d'Égypte
Le temple d'Edfou : comment visiter le temple d'Horus le mieux conservé d'Égypte
À mi-chemin entre Louxor et Assouan, sur la rive ouest du Nil, se dresse un temple qui est resté enfoui sous le sable pendant plus de mille ans. C'est la raison pour laquelle il s'est si bien conservé. Alors que d'autres temples ont perdu leurs toits à cause des intempéries, des pilleurs et du temps qui passe, celui d'Edfou est resté recouvert jusqu'en 1860, date à laquelle Auguste Mariette l'a mis au jour. En y entrant aujourd’hui, on peut admirer des murs, des colonnes et des plafonds qui sont pratiquement identiques à ce que voyaient les prêtres ptolémaïques.
Le temple est dédié à Horus, le dieu faucon associé à la royauté. Sa construction s’est étendue de 237 av. J.-C., sous Ptolémée III, sur près de deux siècles sous ses successeurs. Si vous effectuez une croisière sur le Nil entre Louxor et Assouan, Edfou figure presque à coup sûr à l’itinéraire, généralement aux côtés de Kom Ombo. Il s’agit également d’une excellente excursion d’une journée à faire de manière indépendante, dans un sens comme dans l’autre.
À voir à l'intérieur du temple d'Edfou
Un pylône de 36 mètres de haut marque l’entrée. Ptolémée XII s’y est fait sculpter, terrassant ses ennemis sous le regard d’Horus et d’Hathor. Une autopromotion pharaonique classique, réalisée deux mille ans plus tôt. Au-delà du pylône se trouve une cour ouverte bordée de colonnes sur trois côtés. Les reliefs qui s’y trouvent ne se contentent pas de représenter des dieux ; ils retracent la construction même du temple, jusque dans les moindres détails, comme les cordes et les outils utilisés par les ouvriers. Un tel niveau d’autodocumentation est inhabituel pour un temple égyptien.
Viennent ensuite deux salles hypostyles. Certaines colonnes portent encore des traces de la peinture d’origine. Le plafond de la salle extérieure présente des scènes astronomiques qui méritent qu’on lève les yeux pour les admirer. Au-delà se trouve le sanctuaire, le cœur du bâtiment, où un autel en granit, plus ancien que le reste de la structure, abritait autrefois la barque d’Horus. Rares sont les sanctuaires égyptiens qui ont survécu aussi intacts.
À l’extérieur du bâtiment principal se trouvent un nilomètre (utilisé pour mesurer le niveau des crues, ce qui revêtait une importance fiscale) et une petite maison de naissance, ou mammisi, commémorant la naissance divine d’Horus.
Le mythe derrière le temple : Horus contre Seth
Le mur extérieur arrière raconte une histoire bien précise : Horus combattant Seth, le dieu accusé d’avoir tué Osiris, le père d’Horus. Horus apparaît d’abord sous la forme d’un disque solaire ailé. Puis il prend l’apparence d’un homme armé d’une lance. Seth se présente sous la forme d’un hippopotame, chassé du ciel pour finir dans l’eau. C’est une représentation assez littérale une fois que l’on sait ce que l’on regarde. Avant cela, ce ne sont que des formes sculptées.
Autrefois, les prêtres mettaient cette scène en scène. Chaque année, une statue d’Hathor partait de Dendérah vers le sud pour ce qu’on appelait la Fête de la Belle Rencontre, un festival qui durait environ deux semaines et marquait son mariage symbolique avec Horus à Edfou. C’était l’une des dates les plus importantes du calendrier religieux ptolémaïque.
Comment s'y rendre
Les passagers des bateaux de croisière débarquent à quelques pas du temple et terminent généralement leur trajet en calèche. Les tarifs ne sont pas fixes ; convenez donc d’un prix avant de monter à bord. Les cochers s’attendent à ce que vous négociiez et ne s’en offusqueront pas.
Le trajet en voiture depuis Assouan dure environ 90 minutes dans chaque sens (environ 105 km). Depuis Louxor, la durée du trajet est similaire, pour une distance d’environ 115 km. Quelle que soit la direction, louer une voiture à la journée est judicieux si vous souhaitez ajouter Kom Ombo à votre itinéraire, ce que font d’ailleurs la plupart des voyageurs de passage.
Il existe également un train. Edfou dispose de sa propre gare, située à quelques kilomètres de la ville, reliée aux deux villes par la ligne de Haute-Égypte. C’est bon marché, mais les horaires ne sont pas très pratiques si vous souhaitez visiter plus d’un temple dans la même journée. Une voiture vous offre davantage de liberté.
Si vous organisez également la partie du voyage à Assouan, notre guide des activités à Assouan couvre le reste de votre séjour.
Quand partir, combien de temps rester
Le temple est orienté vers l'est. La lumière du matin éclaire de plein fouet le pylône et la cour ; arriver vers 7 h ou 8 h permet donc de profiter d’une belle lumière et d’éviter la foule. En milieu de matinée, les groupes de croisiéristes commencent à affluer. L’après-midi, il y a à nouveau moins de monde, même si la lumière est alors moins intéressante pour les photos.
Prévoyez entre 90 minutes et deux heures. Le site n’est pas immense, mais les reliefs sont si nombreux qu’en le parcourant à la hâte, vous en manquerez la plupart. Une lampe de poche (votre téléphone fera l’affaire) vous sera utile dans les recoins les plus sombres de la salle hypostyle.
Quelques informations utiles avant de partir
Les guides sont ici plus utiles que sur la plupart des sites, car les sculptures murales partent du principe que vous connaissez déjà la mythologie ; sans contexte, elles ne sont que de la décoration. Cela dit, si vous êtes pressé par le temps ou si le site est bondé, vous pouvez tout à fait vous y rendre seul.
Emportez de l’eau et un couvre-chef. La cour n’offre aucune ombre, quelle que soit la saison.
Prévoyez de la petite monnaie pour la calèche et les vendeurs ambulants, même si la billetterie accepte les cartes bancaires.
Si vous devez choisir entre Edfou et Kom Ombo et que vous ne pouvez en visiter qu’un seul : Edfou est plus grand, mieux conservé et possède un pylône et des salles plus spectaculaires. Kom Ombo est plus petit, mais c’est un temple double, dédié à la fois à Horus et au dieu crocodile Sobek, et son emplacement au bord du fleuve lui confère un charme particulier. La plupart des visiteurs de la Haute-Égypte finissent de toute façon par visiter les deux sites, généralement le même jour.
